Les naufragés du Var !

Encore un nouvel épisode pluvieux et des inondations
qui frappent le département du Var, pour la quatrième fois en trois ans.
Pas de victimes à déplorer cette fois heureusement comme en 2010 mais des sinistrés qui perdent une nouvelle fois intégralement ou pour partie leur outil de travail ou leurs récoltes.

L’Argens est un fleuve de crues : il l’a toujours été, comme nous le rappelle la plaque de marbre commémorant les inondations de 1827 posée sur la place de la mairie à Trans-en-Provence.

Et il le sera toujours, quels que soient les efforts que nous mettrons à le contenir,
surtout dans un contexte de réchauffement climatique qui semble augmenter ces dernières années la fréquence des pluies cévenoles. Et la politique actuelle d’aménagement du territoire
ne fait qu’aggraver ce risque : urbanisation anarchique, artificialisation des sols, réductions des lits des rivières, tout est là pour que l’eau reste à la surface et coule de plus en plus vite dans un lit majeur maintenant occupé par des cultures, des entreprises ou des habitations.
Cette gestion catastrophique a été bien résumée dans le rapport de 2012 de la Cour des Comptes :
Quant au contenu des plans [de prévention des risques inondation (PPRi)], il a été l’objet de concertation, voire de négociations, pour ne pas trop contraindre les potentialités d’urbanisation du territoire communal, ceci au détriment de la sécurité des biens et des personnes. Les élus locaux ont entrepris de minorer autant que possible les contraintes et l’Etat bien souvent a transigé ”.

Mais que pouvons-nous faire maintenant ?

Nous pouvons veiller en tant que citoyen à ce que les PLU intègrent réellement les risques d’inondation, les mettent en application et diffuser la carte des zones inondables mises à jour par la préfecture, sinon dénoncer des situations abracadabrantesques pour stopper cette urbanisation incohérente et dangereuse.
Il faut venir en aide aux victimes qui dans les zones exposées à un risque particulièrement élevé peuvent tout perdre et doivent avoir
le statut de zones de solidarité avec un rachat aménagé des maisons et des terres par l’Etat et les municipalités dans les cas où la protection est jugée peu réaliste, libérant ainsi une partie du lit majeur de ces cours d’eau.

Lit de l'Argens (18.5.13-19h24)

Route des Vernèdes, reliant Fréjus à Puget-sur-Argens

La Cour des Comptes va même plus loin: il serait souhaitable que les collectivités locales, qui ont leur part de responsabilité dans l’urbanisation existante, contribuent au rachat de biens immobiliers dans des situations d’extrême danger, afin de les inciter à prendre davantage de précaution dans les autorisations de construire”.

 

Des aménagements spécifiques doivent être construits : créer de nouveaux bassins de rétention, rendre les sols plus perméables (des revêtements tels que des bitumes perméables existent) ou encore construire des murs anti-crues avec mise en place de batardeaux amovibles comme dans la Communauté de Communes Moselle et Madon.
L’entretien raisonné de l’Argens, de la Nartuby ou du Reyran doit enfin se faire car le lit mineur de ces cours d’eau n’a toujours pas fait l’objet d’une requalification dans les règles de l’art
après les inondations de 2010.

Cette  carence peut s’avérer préjudiciable pour les administrés car selon les garanties qu’apportent certaines compagnies d’assurance, le statut de « catastrophes naturelles » ne suffit pas à prendre intégralement en charges les dommages incorporels si la collectivité n’a pas amélioré les conditions de prévention des risques. Pour rappel en Juin 2010, les intempéries qui avait frappé le Var ont coûté plus
de 700 millions d’€uro aux compagnies d’assurance.

Autant dire l’intérêt fondamental de restaurer et suivre l’état des cours d’eau de manière régulière.

Lit du Reyran (18.5.13-17h46)

Lit du Reyran, le 18 Mai à 17h46

 

Selon le rapport 2010 de l’agence de l’Eau Rhône-Méditerranée et Corse :
“ la plupart [des travaux de protection contre les crues], les curages, rectifications et autres endiguements ont pour conséquence une accélération de la vitesse de propagation des crues, et une érosion accrue du lit du cours d’eau avec une répercussion amplifiée sur les territoires situés en aval. [  ]
L’enjeu [est] de permettre aux cours d’eau de déborder dans les zones de plaines, et de maintenir des zones humides, véritables éponges qui permettent d’absorber le « trop plein » en période de crues,
et de le restituer en période de pénurie. La restauration physique des rivières permet d’éviter un développement insidieux des aménagements qui, dans le cas [  ] de la protection contre les crues, sont d’autant moins efficaces qu’ils se généralisent ”.

Nous devons augmenter notre capacité de résilience, mettre en place une politique de prévention du risque et  mieux nous adapter.
Nous, écologistes, répétons comme à l’accoutumée : “agissons avec la Nature et non contre elle”.

EUROPE ECOLOGIE-LES VERTS VAR

Pour aller plus loin:

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Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) de l’Argens (Var) : Intervention de Christian DESPLATS au nom du groupe Europe-Ecologie/Les Verts/Partit Occitan.

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